Chant Bojiata Lioubov me Ozari

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« L’amour supérieur est un état de conscience dans lequel tous les êtres doivent apprendre à vivre un jour. Cet état de conscience ne peut se décrire et on ne peut pas non plus l’expliquer à celui qui n’est pas prêt à le vivre ; tout ce que l’on peut faire, c’est essayer de l’y amener peu à peu. Cet état de conscience permet à l’homme de se sentir intérieurement lié avec l’univers ; il est alors comme un instrument vibrant à l’unisson de tout ce qui existe, il ressent une paix profonde et surtout une immense bienveillance à l’égard de tous les êtres. Il ne sait pas d’où provient cette bonne disposition, il sent simplement qu’elle a envahi tout son être et le pousse à se manifester avec amour et compréhension. Il voit la nature et les humains sous un jour nouveau, il est heureux ».[1]

Bojiata Lioubov me Ozari (L’amour divin m’illumine) – Tonalité : La Majeur

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Écouter le Chant par le Chœur Kastalski de Moscou

Le texte

Cyrillique Translittération française Traduction
Божествена любов душа ми разшири и изпълни сърцето ми с’лъчи. 
От дълбоки глъбини, повдигна духа ми във висини, на крилата си благословени, от Божия поглед озарени.
Любов ме озари, Душа ми разшири, Душа ми освети. Духът ми укрепи и благост в’мен всели. 
Bojestvena lioubov doucha mi razchiri i izpeulni seurtseto mi s'leutchi.
Ot deulboki gleubini, povdigna douha mi veuv vissini, na krilata si blagosloveni, ot Bojiïa pogled ozareni.
Lioubov me ozari, Doucha mi razchiri, Doucha mi osveti. Douheut mi oukrepi i blagost v'men vseli.
Le divin amour a dilaté mon Âme et a rempli mon cœur de rayons.
Des profonds abîmes, il a élevé mon esprit dans les hauteurs, sur les ailes bénies par le regard de Dieu.
L’amour m’illumine, il dilate mon Âme et éclaire mon Âme. Il renforce mon esprit et installe la bonté en moi. 

Explications du chant[2]

Historique

Bojiata Lioubov me Ozari signifie « L’Amour de Dieu m’illumine ». Ce chant dédié à l’amour christique a été créé en plein milieu de la seconde guerre mondiale, le 13 mars 1943 au centre fraternel de Izgrev à Sofia en Bulgarie. C’est l’un des derniers chants composés par Peter Deunov qui quittera le plan physique de la Terre en 1944. Bojiata Lioubov me Ozari fait donc partie des œuvres de maturité. Il nous semble également important de rappeler que ce grand Maître spirituel, musicien et philosophe a laissé derrière lui tout un enseignement sur les lois universelles de l’Amour dans un ouvrage écrit en 1942 : « L’Amour universel : source de vie » Voici également quelques mots évoqués par Omraam Mickaël Aïvanhov au sujet de ce chant :

« Il s'agit ici d'un amour tellement élevé… l’Amour divin dans lequel il n'y a ni souffrance, ni jalousie, ni mesquinerie, ni intérêt personnel. Ce chant développe "les ailes spirituelles", ce centre situé entre les omoplates, vert-doré comme la chrysoprase ».[3]

Omraam Mickhaël Aïvanhov fait référence au chakra du cœur qui selon les orientaux s'enracine dans la 4ème vertèbre dorsale où pousse une fleur à 12 pétales vers la poitrine et une autre dans le dos. L’harmonisation du chant est l’œuvre de George Aubanel, compositeur et chef d’orchestre français, un musicien qui a fort bien connu l’Enseignement de la Fraternité Blanche Universelle.

Thématique : La préparation à l’identification avec Dieu

Bojiata Lioubov me Ozari nous relie à l’Amour divin, un amour qui illumine et enrichit tout sur son passage. Cette force d’amour est telle que sa lumière extrait les consciences de l’ignorance, les dégageant ainsi des abîmes de la peur et de l’impuissance. Notre analyse musicale nous a montré que la structure du chant suit le parcours initiatique du disciple humble et courageux qui se prépare à l’Illumination.

Mots clés

Illumination, amour divin, sérénité, profondeur, contemplation, silence, beauté et noblesse du cœur

Analyse du chant

Musicalement, au premier abord, le thème est simple et se structure en 20 petits segments construits sur un canevas rythmique assez similaire. Au niveau mélodique, la ligne demande une interprétation sobre et exige une extrême vigilance de la part des choristes car le chant peut très vite « ronronner » et proposer peu de relief. C’est donc grâce au plan mental et à une grande concentration que les liens entre les différents énoncés pourront se tisser et former une spirale de lumière croissante et ascensionnelle en adéquation avec un contenu de paroles très riche de sens initiatique.

Le divin amour a dilaté mon âme et a rempli mon cœur de rayons.
Des profonds abîmes, il a élevé mon esprit dans les hauteurs, sur les ailes bénies par le regard de Dieu.
L’amour m’illumine, il dilate mon âme et l’éclaire.
Il renforce mon esprit et installe la bonté en moi.

Quelle leçon Bojiata Lioubov me Ozari souhaite-t-il nous offrir ? Comment pouvons-nous comprendre l’alliance du texte avec cette mélodie ? En réalité, ce chant nous demande de nous surpasser afin de pouvoir effleurer le divin par la magie de la Conscience du Soi. Ce qui compte avant tout c’est l’implication des chanteurs dans leur sincérité à rejoindre l’Amour dans une intention spirituelle soutenue et une cohésion entre les âmes composant le chœur afin de pouvoir donner naissance à de sublimes instants d’éternité.

La réussite du chant résidera dans le lien subtil à tisser entre les différentes phrases. Il s’agit de progresser d’une phrase à l’autre, en restant bien présents, avec une respiration très consciente durant les silences pour qu’un lien immensément vivant se tisse entre tous les segments. En ne perdant pas ce fil conducteur, les segments s’unifient et permettent de créer un chemin vers un monde de contemplation et de beauté. Ceci augmente alors notre taux vibratoire de façon surprenante et chaque étape franchie avec succès permet l’accès à un niveau de conscience collective supérieure.

Nous pouvons comparer le chant à une escalade spirituelle incessante, réclamant un souffle maîtrisé. Nous accédons au sommet seulement aux dernières mesures où nous débouchons dans le Saint des Saints de notre cœur initiatique, là où réside l’éternelle bonté de notre essence divine.

Nos ailes spirituelles nous élèvent et le monde de l’Illimité se dévoile à notre conscience.

Le chant et la loi de la polarité

L’usage de la polarité sera l’outil de base pour impulser un souffle nouveau à chacun des segments et ainsi permettre de former l’unité.

Par polarité, nous signifions un jeu de forces complémentaires se stimulant l’une l’autre à travers le phrasé musical afin de créer des formes parfaites au sein du monde invisible.

Cette polarité s’exprime au moyen des différents paramètres musicaux : contraste de nuances, mouvements mélodiques contraires, usage de certains rythmes, notes altérées ou encore des modulations. Peter Deunov, directement inspiré par l’Esprit dont il est le fidèle messager, joue avec les polarités et rend chacune de ses œuvres musicales à la fois spirituelle, puissante et utile à l’avancement de l’âme et de la conscience.

Illustrons cela au travers les 4 premiers segments du chant :

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  • Segment 1 : notre âme cherche l’Esprit et le questionne. La mélodie en mode ascendant est émissive, la polarité est « plus »
  • Segment 2 : l’Esprit répond à notre quête sous forme d’amour et de lumière. Notre âme reçoit le message. La mélodie se polarise de façon réceptive en mode d’accueil et la polarité est « moins ».
  • Segment 3 : notre âme assimile maintenant cette réponse qui éveille en elle une nouvelle vie. Notre cœur devient un creuset sacré dans lequel va mûrir l’information. La polarité devient de nouveau émissive comme une force de travail intense, elle est « plus ».
  • Segment 4 : notre matière, devenue plus lumineuse, doucement rayonne. La transformation s’est opérée. Une paix intérieure s’est installée et la mélodie se polarise « moins ».

Tracé énergétique au travers du texte

Le divin amour a dilaté mon âme et a rempli mon cœur de rayons.
Des profonds abîmes, il a élevé mon esprit dans les hauteurs sur les ailes bénies par le regard de Dieu.

Le chant nous plonge dans le monde de la contemplation (tempo ample et paisible, premier intervalle : sixte majeure, rythme calme et détendu) en relatant l’histoire grandiose du déroulé de notre humaine destinée (les verbes des phrases 1 et 2 sont conjugués au passé). Ce dont nous parlons a déjà été accompli et nous nous en souvenons vaguement avec une sensation de gratitude et de vénération. Nous sentons par quels tourments nous sommes passés et sommes conscients que c’est grâce à la pureté de l’Amour divin que nous sommes sortis des abîmes. Notre individualité fortifiée s’est élevée de plus en plus et a pris conscience du regard de Dieu, un regard d’Amour posé sur chacun de nous. Tel l’enfant ouvrant les yeux et percevant sa mère pour la première fois à sa naissance, nous reconnaissons les visages aimants de nos parents célestes posés sur nous. Nous nous savons aimés ! Notre cœur s’ouvre à l’Esprit divin qui peut alors établir sa demeure en nous.

L’amour m’illumine, il dilate mon âme et l’éclaire.
Il renforce mon esprit et installe la bonté en moi.

Dans la suite du chant, notre contemplation se mue en identification. Notre temps présent s’écoule dans le monde de la paix et du sourire. Nos visages sont émerveillés, expressifs et lumineux.

L’Amour divin poursuit son œuvre et il faut que la Bonté s’installe définitivement en nous. Lorsque nous serons devenus Bonté, nous ne pourrons plus douter de nous-mêmes. Nos actions seront devenues révélatrices de Bien, elles seront justes et rendront notre entourage plus heureux. C’est cela toute la noblesse du travail de l’Âme humaine.

La fin du chant insiste et répète les mêmes mots à trois reprises pour que l’Amour se propage et se multiplie ! Cet instant d’éternité est souligné par un point d’orgue où s’écoule la bénédiction de la fusion en Dieu. Le but chéri depuis l’aube des temps par l'Humain pourra s’accomplir et les forces de l’Amour se déploieront à l’infini.

Conclusion

L’Esprit du chant habitant Bojiata Lioubov me Ozari est un Esprit de l’Amour, dès lors il nous enseigne l’art d’aimer. Bojiata Lioubov me Ozari est totalement consacré à l’Amour. Aussi, cet Amour que nous portons à l’entité céleste vivant dans le chant n’est pas anodin.

Vivre l’Amour en chantant consciemment une mélodie, goûter la beauté des harmonies, tout cela nous pousse à aller plus loin dans la recherche du Dieu de l’Amour, la recherche du Christ. Par la sincérité de nos efforts à nous polariser, l’Amour se révèle. Il se sent appelé et aimé. Subtilement, Il vient à notre rencontre et nous inspire la collaboration sacrée. L’être humain applique véritablement la mission pour laquelle il est né : aimer en totale liberté.

Œuvres et/ou conférences d’O. M. Aïvanhov sur le sujet traité

  • O. M. Aïvanhov sur Youtube : extrait d'une conférence improvisée le 23 avril 1981 : « L’amour, toujours l’amour… »
  • O. M. Aïvanhov, L’Amour et la Sexualité, Œuvres complètes n° 14 et n° 15, aux Éditions Prosveta
  • O. M. Aïvanhov, L’Amour plus grand que la Foi, Izvor n° 239, aux Éditions Prosveta

Liens Externes

Notes

  1. O. M. Aïvanhov, Pensées quotidiennes 2020, pensée du 13 septembre « L’amour supérieur »; Éditions Prosveta (2019).
  2. Les auteurs de la version originale de cet article sont Gilles Hainault et Marie Kinique
  3. O. M. Aïvanhov, P. Deunov, Commentaires des chants (Fraternité Blanche Universelle).



Avis au lecteur : la rédaction de cet article, provisoire et non limitatif, est seulement un point de départ, puisque le sujet a été examiné plus en détail par Omraam Mikhaël Aïvanhov dans ses diverses conférences données entre 1938 et 1985. En lisant ou en écoutant directement ces conférences, publiées par les éditions Prosveta, propriétaire exclusif des droits de son travail, le chercheur y trouvera encore d’autres aspects intéressants et importants. Par conséquent, cet article n’exprime pas de manière complète et exhaustive la pensée d'Aïvanhov sur ce sujet.


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